Vendredi, 4 octobre 1996


lycée de mamer
Les archéologues réfutent le site du Tossenbierg

En août, c'est par un courrier de lecteurs que les archéologues amateurs ont averti le public que le site retenu à Mamer pour la construction du 6e Lycée touchait un "vicus" gallo-romain.

Hier, les "Georges Kayser Altertumsfuerscher", association d'archéologues amateurs impliqués de façon très active et professionnelle aux fouilles au Luxembourg, ont informé officiellement la presse du danger de l'implantation d'un lycée au "Tossenberg".

Ils n'ont cependant pas apporté d'informations nouvelles par rapport au dossier présenté dans le RL  les 27 et 28 août. Le 6 août, Henri Hosch, bourgmestre de Marner présentait à Georges Wohlfart le site d'implantation du "6e lycée" du centre au pied du "Tossenbierg", cela après que le ministre des bâtiments publics ait demandé à la commune de proposer un lieu pour l'implantation de ce nouvel établissement scolaire. Or, en 1973, lors du "redressement" de la N6, les bulldozers avaient "massacré" le "vicus" de Mamer.

La destruction d'une partie de ce "site archéologique majeur" avait provoqué un "scandale sans précédent". Le Grand-duc n'avait pas hésité à l'époque à visiter les fouilles de sauvetage pour lequel le musée n'avait pas hésité à mettre à contribution les enfants des écoles.


Jos Thiel devant le champ protégeant le site gallo-romain du vicus de Mamer

Le "vicus" est un grand village gallo-romain. Celui de Mamer se trouvait à une intersection sur l'importante voie romaine entre Arlon et Trèves, et faisait parti de cette "civitas Tre­verorum". Alors que l'alerte avait été donnée, un communiqué du ministère des bâtiments publics informait qu'une dépêche avait été envoyée au ministre de la Culture dès le 7 août pour l'informer des risques archéologiques éventuels du site du "Tossenbierg". Erna Hennicot-Schoepges a dès lors demandé à ses services du Musée d'Histoire d'examiner le site retenu à l'origine pour le lycée.

Hier, lors de la conférence de presse, les archéologues ont présenté une documentation fouillée sur l'importance du vicus de Mamer et rappelé les conventions internationales destinées à le protéger. Ils n'ont par contre pas apporté des précisions sur l'évolution du dossier politique. La décision étant aux mains des gens de la culture, les craintes des "Georges Kayser Altertumsfuerscher" et des associations d'amis de 1'histoire qui les soutiennent peuvent sans doute être apaisées. A Henri Hosch de trouver un site sans courir le risque de mettre au jour des ruines gallo-romaines.

Alain KLEEBLATT.