Die Römerstrasse von Reims nach Trier in
Belgien
Streckenabschnitt von Arlon nach Steinfort
[GRASB,1990-2] Elle passe au nord
du carrefour actuel Longwy-Luxembourg. Les travaux successifs de la
voirie ont détruit son assise. Elle se retrouve à la hauteur de Stehnen
à l’ouest de la N4 où elle longe un chemin rural en direction du Wolberg
(G. Fairon, Le
Wolberg, in Groupe de Recherches Aériennes du Sud Belge (à.s.b.l.),
1985-2, p. 4). Elle traverse ce
site au sommet duquel un petit temple a été localisé. La chaussée y
trace un large S dont on ne soupçonnait l’existence.


Zwischen Arlon und Steinfort
Elle coupe à nouveau la N4 et reste un chemin rural bien marqué,
parallèle à la route moderne, en direction de la frontière avec le
Grand-Duché de Luxembourg.


Am Wolberg
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Zwischen Arlon und dem Wolberg |
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Die Grundmauern des kleinen Tempels am Wolberg |
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Zwischen Arlon und dem Wolberg verläuft die Strasse links (in Richtung
Steinfort) neben dem heutigen Feldweg. |
[Eberhardt, 1905, p. 141]
Sur la hauteur septentrionale de Steinfort, le Kem reparaît,
longeant le côté droit de la route moderne sur une longueur de 3
kilomètres jusqu'au Volberg; il est d'une largeur de 16 à 18 mètres sur
une hauteur de 2 à 3 mètres: la profusion des materiaux dont il se
compose ont laissée une solidité telle qu'il est difficile de l'entamer
à la pioche.
On admet généralement que pour la construction d'une route de 6 mètres
de largeur, il faut niveler une bande de terrain de 16 à 20 mètres de
largeur. Il ne faut pas croire que la route entre le Wolberg et
Steinfort présente une largeur de 16 à 18 mètres comme le décrit
Eberhardt. On peut être d'accord avec ses indications de largeur qu'en
prenant en compte la voie proprement-dit ainsi que les soutènements des
deux côtés de la voie.
Une coupe à Autelbas
[Ardenne 1958, pp. 35-36]
En septembre 1957, M. J. Mertens a poursuivi ses investigations sur le tracé
de la chaussée Reims-Trèves, étudiée par lui de la frontière française à
Arlon
(Le
Pays Gaumais, 3-4, 1956, pp. 91-115).
Il a porté ses recherches du chef-lieu de la province à la frontière
grand-ducale.
Grâce à la large compréhension de M. Fernand Thinnes, de Sterpenich, une
coupe a pu être pratiquée à travers la chaussée dans un de ses champs.
La technique de sa construction, son empierrement, constitué par des
matériaux provenant des carrières environnantes, ont pu être étudiés. Une
épaisse couche de grenaille mêlée à de la chaux paraît être une réfection
postérieure.
Souvent cette grenaille fut prélevée par les habitants des villages voisins
pour être épandue devant leurs maisons. Les villageois lui donnent le nom de
«Kime» ; or, dans le dialecte local, ce mot désignait précédemment un
vieux chemin. On le rencontre sous différentes formes et sous celle de «Am
Kime» dans un dénombrement - en allemand - des biens de l’abbaye de
Clairefontaine en 1524, pour désigner précisément notre chaussée.
Ainsi le mot employé pour dénommer le « chemin », la « voie », a été utilisé
ici pour un seul de ses éléments constituants. Cela mérite d'être souligné.
Fr. B.
Coupes
entre le Wolberg et Steinfort
[Eberhard, 1905, p. 14]
Une autre voie consulaire celle de Trèves à Reims par Arlon, présente les
dimensions suivantes, que nous avons constatées entre Wolberg et Steinfort
sur le territoire belge, lieu-dit Entre deux Kem.
La première couche se composait de grosses tablettes en pierre calcaire de
quarante centimètres de longueur sur trente centimètres de largeur et quinze
centimètres de hauteur, posées à plat dans un lit de mortier de dix
centimètres de hauteur et recouverte d'une pareille chape de cinq
centimètres de hauteur. - La deuxième couche était en pierres de vingt
centimètres de longueur sur 15 cm de hauteur, noyées dans de la chaux et
recouverte d'une chape de mortier de 5 cm. - La troisième couche se
composait de même pierraille et de chaux de 80 cm d'épaisseur. Le tout était
recouvert d'une chape de mortier et de brocaille fine de 20 cm d'épaisseur.
L'épaisseur totale de la maçonnerie était d'un mètre cinquante. Le mortier y
avait été employé avec une profusion extraordinaire.
Le tronçon de voie que nous venons de décrire avait 15 à 18 m de largeur y
compris le talus; il se développe magistralement sur une longueur de 4 km
longeant la route moderne à 50 m à peine de distance. La réparation de cette
voie n'aurait pas coûté le dixième de la route moderne qui fait piteux
effet, comparée aux proportions gigantesques de son aînée de l'époque
romaine.
[Loës, 1910]
En 1910, à la demande de l'abbé F. Loës, le révérend père Gengler de l'école
apostolique de Clairefontaine, avec ses élèves, effectua une tranchée dans
la chaussée romaine aux environs du chemin menant à Barnich à Clairefontaine
et qui coupe la voie à angle droit. Il écrit: "Nulle part, la chaussée ne
laisse voir une construction par assises. C'est tout simplement un
conglomérat de poussière et de pierres concassées tirées des carrières
voisines. Le temps n'avait pas permis de couper la voie jusqu'au sol vierge.
Il existait sur ce parcours, des entailles profondes (de vraies carrières)
d'où l'on extrait de la pierraille et de la poussière pour macadamiser le
devant des portes et des maisons villageoises.
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Arlon-Wolberg |
Wolberg |
Wolberg-Steinfort |
Le WOLBERG (commune
d’Autelbas)
Point d’inflexion remarquable de la voie « Reims-Trèves » à l’époque romaine
[GRASB 1985-2]
A la sortie d’Arlon, le tracé de la chaussée vers Trèves est encore
remarquablement souligné par les chemins agricoles et les limites de
parcelles. D’Arlon, elle suit, de façon presque rectiligne sur environ 3 km,
une ligne de crête située à l’altitude de 380 m. Le point ultime de cette
ligne droite est le Wolberg dont l’altitude est de 385m.
Le tracé rectiligne disparaît ensuite pour réapparaître 40 m. plus bas (voir
fig. 1). Il était indéniable qu’à cet emplacement, un infléchissement de la
voie avait dû être établi. Rien cependant, ni dans la cartographie actuelle,
ni dans le paysage n’apportait de solution à ce problème. Ce trait d’union
avait été complètement effacé ; excepté pour le prospecteur aérien.
Dès les premiers survols, une trace en arc de cercle apparaît dans un
terrain cultivé situé juste à l’endroit présumé de la jonction. Cette trace
réapparaissant épisodiquement sur sol nu, sur céréales en croissance ou à
maturité, il devenait utile de vérifier les données au sol.

Fig. 1:
Photo G. Fairon – Autor. : M :D :N : no 295/44
Copyright G.R.A.S.B.
Essai
d’interprétation des phénomènes :
La photo (fig. 1) a été prise sur le sol nu au début du mois de mai.
Elle montre une trace en arc de cercle d’une valeur plus sombre que celle
des terrains contigus. Il existe donc à cet endroit, une perturbation du
sous-sol. Les soubassements de l’antique chaussée maintiennent une humidité
plus importante ce qui a pour effet de colorer les terres en brun sombre.
Une zone plus sombre est visible en 2, au-dessus de la trace courbe. Ce
phénomène est dû au fait qu’à cet endroit, existe une légère déclivité du
terrain. Celle-ci draine les eaux environnantes.
On observe aussi en bordure de la trace 1 et entre celle-ci et la trace 2,
quelques indices beaucoup plus clairs. Nous pensons qu’il s’agit de dépôts
de pierres arrachées par la charrue et déposées en bordure du tracé primitif
de la voie. Ceci semble confirmé par des amas de pierrres sur le terrain.
On remarque également la moins bonne définition, voir même l’absence de
trace dans le bas de la vue.
Il a été constaté maintes fois qu’une trace chevauchant 2 parcelles
apparaissait diffféremment dans chacune de ces 2 parcelles. Les éléments
permettent de visualiser la trace ne sont pas nécessairement réunis dans 2
champs contigus.

Fig. 2:
1) la voie romaine
2) dépôts d’éléments arrachés à la partie supérieure de la chaussée
Description et interprétation de la trace :
La marque visible ici, sur sol nu, révèle donc l’emplacement des fondements
d’un chemin. Le tracé visible a une longueur d’environ 180 m., sur une
largeur évaluée à environ 5 m. (+/- la largeur des chemins agricoles).
La voie romaine opérait deux larges tournants au bout d’une longue ligne
droite. De plus, à cet endroit, elle plongait 40 m plus bas pour retrouver
un nouveau tracé rectiligne.
De cet emplacement, on observe Arlon et le trafic en provenance de cette
localité. On domine tout le tracé est de la voie en direction de Trèves. Cet
endroit devenait dès lors, un point stratégique où nous supposions la
présence d’un édifice antique. Celui-ci existait ; nous en avons retrouvé de
nombreux vestiges. L’étude des vestiges de ce bâtiment nous permettent de
suivre l’évolution de la voie.
Trois levés de terrain ont été effectués en trois points de la trace visible
(voir fig. 11). Elles témoignent de la progression du niveau de la voie par
rapport au terrain environnant.
Arrivant d’Arlon, la chaussée se trouve sur la ligne de crète, très
légèrement en contre-bas du point culminant à 385 m. La coupe A-A montre la
rupture de pente indiquant l’emplacement de la structure.

Elle s’incurve
ensuite vers la gauche et reste accrochée à la légère pente.
La coupe B-B montre des perturbations sensibles au passage de la voie.
Elle rejoint enfin un niveau commun (coupe C-C) où une légère surélévation reste
marquée.
Essai de reconstruction
La fig. 3. tente de montrer l’aspect général qui devait être celui du Wolberg au
IIe et IIIe siècles de notre ère. Ce dessin est établi en fonction des
connaissances enregistrées par la topographie générale, les clichés aériens à
différentes époques de l’année et les éléments découverts au sol.

Fig. 3. Le Wolberg à l’époque romaine
En venant de Trèves, la
forte côte constituait sans doute un obstacle important pour les attelages. Au
sommet, les voyageurs se trouvaient à proximité d’un bâtiment que nous supposons
être une temple. Poursuivant leur chemin, ils négociaient un dernier virage vers
la droite (celui que nous observons sur la photo aérienne) et parvenaient enfin
à Orolaunum. Le bâtiment représenté ici comme étant un temple à cella carrée,
pourrait avoir été édifié selon un plan et une architecture différente. Les
découvertes de surface semblent établir la présence d’un lieu de culte.
Topographie du site :
Le sol du Wolberg et constitué de sables et grès du « virtonien ». Des plaques
de grès, issues de carrières proches ont probablement servi à l’édification de
la voie. De nombreuses de ces plaques jonchent les sols labourés et sont
ramassées au fur et à mesure de leur mise au jour pour être disposées en tas en
bordure des champs.
La courbe établie comme jonction entre les deux tracés rectilignes de la voie
romaine se situe sur les parcelles cadastrées 343h, 351a, 348a, 350a de la
commune d’Arlon, 3e Div./Autelbas/section D.
Cette jonction, établie à l’extrémité de la ligne de crête, dénote d’une part
d’un souci fonctionnel et d’autre part d’un souci stratégique des géomètres
romains. En faisant la jonction en cet endroit, ils évitaient aux attelages une
trop longue côte et assuraient un point de passage obligé facile à défendre.
Du Wolberg on surveillait les mouvements venant de Trèves et en cas de danger,
il devenait très simple de fermer l’accès vers Arlon. Des messages visuels
pouvaient être transmis vers le site.
On observait également les régions sud et ouest jusqu’à au moins 10 km de
distance.
Sur la planche XXIV de
la carte générale de Ferraris, on aperçoit la chaussée romaine s’écartant d’une
autre route, plus importante, bordée d’arbres.

Sur l’extrait
ci-dessous, de la réduction des plans cadastraux de la commune d’Autelbas,
datant de 1854, on peut encore voir comment la voie romaine et le redressement
de 1830 arrivent ensemble au Wolberg.

Coupe à travers le tracé de la voie romaine au Wolberg.
Une tranchée d’environ 35 m de long sur 1,5m de large, effectuée au travers du
prolongement de la trace vue d’avion et dans l’axe des labours, a permis de
visualiser des structures d’époque romaine.


- Description sommaire de la coupe :
Sous une couche
bien marquée, de 20 à 25 cm. de terre arable, on observe une seconde couche
remaniée, de couleur brun sombre, qui contient les vestiges archéologiques.
Celle-ci a une épaisseur variant entre 15 et 80 cm.
Enfin, le sol en place est constitué de sables stratifiés. Les couleurs des
strates varient du jaune vif au jaune pâle et parfois gris. On observe
également des bans de pierres en grès tendre. Des dépôts d’oxyde de fer
soulignent certaines couches sableuses.
- Les structures
archéologiques :
a) deux tranchées à section lenticulée (T.1. et T.2), marquent les fossés
latéraux de la voie antique. La tranchée T.1. mesurait environ 2,5 m de
large au niveau de la base générale du sol remanié et sa base se trouvait à
70 cm de profondeut. Elle ne contenait aucun vestige archéologique sinon
quelques tessons de céramique et de tuile dans la partie supérieure de la
couche remaniée.
La tranchée T.2. mesurait environ 2 m de large au niveau de la base du sol
remanié et le fond se trouvait à 70 cm de profondeur. Elle contenait des
pierres en grès tendre et des morceaux de tuile provenant de l'habitation
toute proche.
Ces deux tranchées sont distantes de centre à centre d'environ 12,5 m
(mesure orthogonale).
b) A quelques mètres au sud de la voie ont été recoupées des structures
d’habitat. La coupe montre deux excavations en auge qui sont en fait, des
sections de trou de pieu. Les trous P.1 et P.2 étaient comblés de terre
remaniée, de pierres en grès calcaire et de débris de tuiles. Le trou P.3,
ne contenait que des pierres. Certaines étaient rougies par le feu.
Des parcelles de charbon de bois étaient présentes dans chacune de ces
structures. Ces structures ont toutes des dimensions similaires, à savoir,
une section carrée de 40 cm. de côté sur 80 cm. de profondeur.
La tranchée T.3 contenanit des pierres brûlées, de nombreuses parcelles de
charbon de bois et présentait en certains endroits une coloration rouge
dénotant l’action du feu.
La couche remaniée entre ces structures contenait de nombreux vestiges
archéologiques tels que pierres, morceaux de céramique, clous en fer,
monnaies et ossements.
Conclusions :
Les structures de la voie antique sont peu marquées, à l'endroit de notre
sondage. Seuls, le fond des fossés latéraux (fossés de drainage) subsistent.
Aucune structure d'assise n'a été décelée. La voie probablement surhaussée à
l'époque, a été entièrement nivelée par les travaux agricoles et le ruisselement
naturel. La base de la couche remaniée ne présente aucune dénivellation
permettant de conclure à l'existence de fossés de stabilité tels que ceux
décrits par J. Mertens.
La coupe n'a pu être effectuée qu'à cet endroit, où la trace se marque peu en
photo aérienne. Il est dès lors probable que les soubassements de la voie soient
moins marqués qu'en d'autres points de la trace. Les quelques structures sont
cependant importantes pour la compréhension du site. La largeur de 12,5 m entre
les fossés confirme l'existence d'un axe, carrossable sur une largeur de 5 à 6
m.
Trois levées de terrain
furent exécutées à l'emplacement de la voie romaine au Wolberg :
Levée A-A
Arrivant d'Arlon, la route se trouve sur la ligne de crête légèrement surélevée
par rapport au chemin agricole contemporain. La rupture de la pente bien marquée
indique la voie.

Levée B-B
La voie s'incurve ensuite vers la gauche et reste surélevée par rapport aux
terrains contigus. Sur le graphique, elle se détache en sommet de courbe.

Levée C-C
La voie rejoint enfin un niveau presque horizontal d'où elle ne se détache
que faiblement.

en abcisse: graduation tous les 1m
en ordonnée: graduation tous les 10cm
en pointillé flêché: zone de passage probable de la voie
Quelques mètres au sud
de la voie ont été recoupés des structures d'habitat qui montrent des traces
d'incendie datant probablement du Ve sièclé, dernière occupation établie par
l'étude des monnaies.
La série de monnaies commence avec un dupondius de Domitien, Rome, 85-96. Au
IIIe s., on observe une faible occupation. Le IIIe s. est mieux représenté et
enfin, le IVe s. domine avec la plus grande proportion de monnaies. L’occupation
semble se terminer au début du Ve s.
En ce qui concerne la céramique, il faut mentionner surtout trois fragments de
terre sigillée: fragment d'une Drag. 29 en provenance de La Graufesenque, 2e
moitié du 1er s., fragment d'une Drag. 37 de Lavoye, 2e moitié du 2e s.,
fragment d'une Chenet 320, Argonne, 4e s. Les datation de la céramique furent
entrepris par J. Moreau-Marechal.
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