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[München, 1849]
Rapport sur un Diverticulum
passant de Kaap par Garnich vers le Titelberg, découvert en 1849.
"Occupé de travaux pour
l'État dans les environs de Kaap et de Garnich, j'ai pu, en 1849, entendre les
campagnards désigner, sous le nom de Heidestross et de Kiem, une
voie que j'ai cru pendant quelque temps être celle désignée par M. l'Evêque de
la Basse-Moûturie (CEBM, 1980, p. 47 note
1: "Ce Kiem passait par Madelaine et Pétange, suivait la route
moderne d'Aubange à Luxembourrg jusqu'à Sprinckange, d'où il venait entre Dahlem
et Dippach, à travers les bois de Holtzem et de Mamer où il a laissé des traces."),
comme diverticulum partant de Mamer par Holzem et reliant le Titusberg à Mambra;
j'étais trop persuadé de la nécessité d'une voie empierrée au milieu de ce
terrain argileux, pour révoquer un instant en doute l'existence de cette voie de
communication; mais en cherchant à retrouver les traces du diverticulum indiqué
par M. l'Évêque de la Basse-Moûturie, j'ai acquis la conviction que ce dernier,
s'il existe (?), ne peut pas être confondu avec une autre ligne partant de Kaap
par Garnich, à laquelle j'ai donné particulièrement mon attention.
Le Kiem, qui se rend de Luxembourg à Arlon, après avoir
traversée les villages de Strassen, Bertrange, lonqe Mamer dans une direction
à-peu-près parallèle à la nouvelle route d'Arlon, se trouve dans le méridien de
Kaap à une distance d'à-peu-près 200 mètres de la route de l'Etat.
A cette hauteur, qui correspond à-peu-près à la
pierre milliaire qui marque une distance de Luxembourg de 12500 mètres, le
Kiem, qui est aujourd'hui le chemin vicinal, se divise en deux branches,
l'une principale, qui se dirige sur Arlon, l'autre le diverticulum, auquel j'ai
donné une attention particulière, et qui prend la direction suivante:
à 220
mètres du bois dit «Hohenerboesch», le diverticulum et la voie qui se
dirige sur Arlon se divisent; ce diverticulum fait avec le méridien terrestre un
angle de 76° N.O. ; il traverse, en descendant le versant méridional, une
prairie appartenant à M. le baron de Marche, de Guirsch, et après un parcours de
876 mètres, il entre dans le bois appartenant à Pierre Reuter, de Holzem, à 76
mètres en aval du coin de ce bois regardant le Nord; à 120 mètres plus loin de
l'entrée au bois qu'il traverse, il coupe à sa sortie le chemin vicinal de
Holzem, qui débouche sur la voie romaine d'Arlon; de là il se dirige à travers
les champs pour entrer dans un bois, propriété de M. Wolff, tanneur à
Luxembourg, à trois mètres de la lisière de ce bois, qu'il longe en entrant dans
la propriété boisée de M. Hartert, de Kaap, à 28 mètres en aval du coin de cette
propriété, et débouche sous une forte haie formant la lisière Sud d'une langue
de ce bois, puis il coupe un chemin de vidange venant de Garnich et se perdant
dans les prairies; il longe la prairie de Nicolas Mersch, de Garnich, et à 350
mètres de ce chemin de vidange, il coupe la nouvelle route de Garnich à
Windhoff, construite en 1849; se dirigeant sur un bois communal de Garnich,
qu'il traverse après avoir coupé la route vicinale de Windhoff à Garnich; à la
sortie il croise un chemin de vidange venant de la route de Garnich à Windhoff,
longe pendant quelqu'espace le bois communal à sa gauche, traverse les champs et
entre dans une forêt communale de Garnich au pied du versant du Reenberg; au
débouché il coupe un chemin vicinal venant de Garnich, se dirige dans les champs
à 200 mètres plus loin où les traces, d'après ce que j'ai pu voir, cessent
complètement, après un parcours de 3450 mètres depuis Kaap.
J'ai constaté ces directions un peu
minutieusement, parce que je crains que d'ici à dix ans, les défrichements, le
soc de la charrue et l'usage, n'auront détruit ce qui reste, comme ils ont déjà
détruit en grande partie la voie de Luxembourg à Arlon.
Malgré mes explorations actives et celles encore
de M. le curé Schaack, de Garnich, qui, avec une connaissance spéciale des
lieux, n'a cessé, dans mes explorations, de me prêter le concours le plus
efficace et le plus éclairé; malgré l'enquête la plus minutieuse faite parmi les
habitants de la campagne, il a été impossible de préciser un tracé ultérieur;
les traces cependant se retrouvent dans les environs de Pétange.
D'après les observations faites sur les points où
cette voie paraît être le mieux conservée, la largeur est d'à-peu-près 6 mètres;
elle est construite comme les autres routes romaines du pays. Le fond est jeté
sur une légère couche de sable, le coffre forme un bombement d'environ six
centimètres, sur lequel sont rangés des libages placés de champ, telles qu'on
les extrait des carrières d'une épaisseur de 25 centimètres moyennement; les
joints et vides sont remplis avec un mélange de pierraille et de beaucoup de
sable. Cette couche est elle-même recouverte d'une autre couche de pierraille
de 15 centimètres à-peu-près; cette dernière couche est également mélangée avec
du sable, mais les pierres sont beaucoup plus concassées, Cette couche ne me
paraît pas avoir été la dernière, et j'ai tout lieu de croire que la toute
petite pierraille a été enlevée par l'usage et les eaux, car le sol aux
alentours en est parsemé.
En comparant l'épaisseur de cette
voie avec celle du Kiem, qui conduit à Arlon, j'ai dû reconnaître le même
système de construction, avec cette différence que la moindre épaisseur moyenne
donnée au diverticulum, prouvait déjà la moindre importance de la route
elle-même; car le couche de libages de la voie principale, a une épaisseur de 55
centimètres, au lieu que celle du diverticulum n'est que de 25
centimètres.
Quel est maintenant le rapport de ce diverticulum
partant de Caap sur Garnich, avec celui que M. l'Évêque de la Basse-Moùturie
fait partir de Mamer sur Holzem ?
Est-ce celui de Caap à Garnich, ou y en aurait-il
eu deux qui suivaient la même direction, marchant parallélement à une distance
d'une demi-lieue l'un de l'autre? J'en doute et je crois que M. l'Évêque de la
Basse-Moûturie s'est laissé induire en erreur par de fausses indications, au
moins quant à la direction qu'il donne, car pour la voie qui fait l'objet du
présent rapport, aucun doute n'est plus permis, puisqu'elle existe de la
manière la plus visible, et que celle de M. l'Évêque de la Basse-Moùturie, me
semble très problématique, car toutes mes explorations ne m'en ont pas fait
découvrir de trace.
Je dois également faire part de la trouvaille
faite à Caap, près de ce diverticulum, d'un fragment de meule portative, telle
que les soldats romains en traînaient avec eux en campagne, et dont je donne
ci-joint le dessin, joignant le fragment lui-même."
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