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[Petit/Mangin/Brunella, 1974, p. 265]
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MAMER (Mamer)
Jeannot METZLER
1.
Dans quelle mesure le nom de Mambra cité pour la première fois au Xe siècle est
à mettre en rapport avec la dénomination antique du vicus, nous ne la savons
pas.
2.
L'existence d'un vicus au lieu-dit "Tossenberg" a été reconnue en 1973
par une grande fouille de sauvetage dans le cadre d'une construction routière
(J. Metzler, Ein gallo-römischer Vicus beim
Tossenberg (Mamer), dans Hémecht 1973-4, 485-501).
Entre
1973 et 1975 des thermes publics ont été fouillés en bordure septentrionale du
vicus (J. Metzler, J. Zimmer, Öffentliche
Bäderanlage und spätantike Baureste im gallo-römischen Vicus von Mamer,
dans Hémecht, 1975-4, 429-475.
3.
Commune de Mamer, Grand-Duché
de Luxembourg.
4. Le
vicus est situé près du passage de la rivière Mamer, cours d'eau non navigable,
par la route romaine de Reims à Trèves, à 15 km d'Arlon et à 6 km de Luxembourg.
5. Une
dédicace à Cybèle (mater deum) ainsi qu'une sculpture représentant
Apollon-Grannus ont été découvertes en réemploi dans les fondations d'un
bâtiment du IVe siècle (Metzler-Zimmer, 1975).
6. Le
vicus de Mamer s'organise sur un terrain incliné vers le nord des deux côtés de
la route romaine de Reims à Trèves. Au moins deux voies perpendiculaires ont été
reconnues dans les fouilles. Les thermes fouillés en 1975 en bordure de la Mamer
constituent le seul bâtiment public connu à ce jour (fig. 21).
7.
L'extension du vicus de Mamer couvre environ 6 hectares et est délimité en
bordure de route par deux nécropoles.
8.
Comme activités artisanales sont attestées uniquement deux officines de poterie
commune.
9. Les
structures d'une cabane en bois datant probablement du Haut-Empire furent
découvertes sous les fondations des thermes. Les premiers "strip-houses" avec
fondations en pierres, construites le long de la voie romaine datent de l'époque
de Claude.
La
construction des thermes, qui ont connu 5 périodes de réaménagement, date de
l'époque flavienne.
Les
habitations du vicus ainsi que les thermes furent détruits dans le courant des
invasions germaniques de la deuxième moitié du Ille siècle.
La
reprise économique semble avoir été très lente, comme en témoignent des
habitations improvisées dans les ruines des thermes entre la fin du Ille et le
milieu du IVe siècle.
Une
deuxième destruction, probablement à placer dans un contexte d'invasions
germaniques est attestée au milieu du IVe siècle. Pendant la deuxième moitié du
IVe siècle, un grand bâtiment interprété comme horreum fut construit sur
les ruines des thermes publics. Le vicus est déserté ou détruit au début du Ve
siècle.
10. La
fonction du petit vicus de Mamer semble avoir été avant tout celle d'une
station-étape sur la voie romaine de Reims à Trèves.
Du
point de vue historique le fait que sur cette importante route des habitations
improvisées ont pu exister pendant au moins une moitié de siècle dans les ruines
d'un bâtiment public, est un témoignage exceptionnel sur la situation économique
de l'arrière-pays de Trèves à la fin du IIIe et pendant la première moitié du
IVe siècle.
[Hémecht 1975-2/3]
MAMER
Lage
An der römischen Straße Reims- Trier am östlichen Ausgang des Dorfes Mamer, am
Nordhang der Flur "Bierg" und in den Fluren "Woosen" und "Tossebierg".
Untergrund: Luxemburger Sandstein und Kalk-Mergellagen von Straßen. T.K.
1:20000, Nr. 21 r. 7045, h. 7660.
Archäologischer Befund
Größerer gallo-romiscber Vicus mit mehreren, rechtwinklig von der Fernstraße
abknickenden Nebenstraßen. Langrechteckige Privatparzellen mit Schmalseite zu
Straßen. Hypokaustanlagen, Wasserbecken, Zisternen, Brunnen, etc. Töpferei,
Schmiede- und Schreinerhandwerk.
Größe
Ca. 12 ha. Keine Spuren von Befestigung.
Datierung
Die früheste bekannte Keramik stammt aus der Mitte des ersten Jahrhunderts n.
Chr. Mehrere Brandschichten, davon eine um 275 n. Chr. Letzte Zerstörung kurz
nach 400 n. Chr.
Öffentliche Bäderanlage
Am nördlichen Rand des Vicus wird z. Z. eine Badeanlage ausgegraben. Bauzeit um
die Mitte des 1. Jahrhunderts, mehrere Umbauten im 2. und 3. Jahrhundert.
Zerstörung um 275. Auf den Trümmern des Bades wurde im 4. jahrhundert eine große
Halle errichtet, die kurz nach 400 zerstört wurde.
Gräber
Am nordwestlichen Ausgang der Siedlung, liegt beidseitig der Römerstraße ein
Gräberfeld aus der zweiten Hälfte des 1. und der ersten Hälfte des 2.
Jahrhunderts. Südöstlich der Siedlung liegt auf der Flur "Tossebierg" ein
ausgedehntes Gräberfeld aus dem 2., 3. und 4. Jahrhundert.
Literatur
Hémecht 1973, 4, S. 485 ff.
Der moderne
Strassenbau hat von dem untersuchten Teil des gallo-römischen vicus nichts
übriggelassen, als das Gefühl, auf der E9 unter einer römischene Siedlung
durchzufahren.
[Ternes, 1991, pp. 34-52]
"LE GRAND-DUCHE
DE LUXEMBOURG A L'EPOQUE ROMAINE"
par Charles Marie Ternes
MAMER-'TOSSENBERG
Des travaux de lotissement ont bouleversé un site gallo-romain au nord-ouest du
'Tossenberg', près de Mamer. La mauvaise saison ainsi que la progression
rapide des travaux ont empêché des fouilles systématiques. Une pièce
hypocaustée, un canal ainsi que les restes d'un four de potier ont été
constatés. Le matériel trouvé (poteries, fibules, monnaies) date du 2e-3e
siècle.
Sous le titre "Le 'scandale' du Tossenberg" j'écrivis
alors un éditorial ...
Malgré la conjonction des incompétences, de l'indifférence publique et privée,
le 'progrès' mis au service de la destruction, les archéologues réussirent à
sauver du naufrage les éléments qui nous permettent de dire que ce versant du
Tossenberg portait un uicus et d'en fournir une brève description.
Le plan général (Fig.20) représente (en zone hachurée) la surface (irrégulière)
apparemment occupée par le vicus, par rapport auquel les thermes du l.d. 'Woosen'
étaient en position excentrique.


La RR2 traversait
l'agglomération qui est comme délimitée au Nord par la RR3 ; celle-ci se
continuait vers le Sud-Ouest, en direction du Titelberg ; un diuerticulum
reliait les deux systèmes suivant la pratique que nous avons illustrée ci-dessus
pour les environs de Dalheim.
Une nécropole au Nord et une autre au Sud du vicus achèvent d'en délimiter
l'étendue; en effet, de temps immémorial, il était interdit d'ensevelir les
défunts à l'intérieur d'une agglomération.
Nous reproduisons ci-dessus, en fig.21, un croquis dû à J.ZIMMER, donnant une
bonne impression d'une partie de ce bourg. La présence des thermes, l'alignement
de l'habitat sur la rue principale, une distribution perpendiculaire du
parcellaire le long de celle-ci sont des indices probablement suffisants pour
l'attribution du statut de uicus de facto. L'existence de surface non bâties
assez considérables, de puits et de citernes, de canaux abducteurs et de traces
de bâtiments qui peuvent avoir été des remises ou des ateliers donnent une idée
de la base économique des habitants celui-ci.

Les éléments les plus anciens semblent appartenir au plus tôt au milieu du +1er
siècle; l'occupation du site semble avoir été continue jusqu'au 4e. La
découverte la plus remarquable est, certes, celle de la seule
installation thermale de notre pays. C'est en
1974-1975 qu'au l.d. 'Woosen' des travaux de canalisation menèrent à la
découverte de restes de constructions qui purent, grâce à l'obligeance de la
commune de Mamer, être dégagées, plus tard aménagées.
On connaît une construction en bois antérieure aux bains: une poutre d'appui
mesure 4,40m de long et 40cm de large; des évidements à équidistance de 2m ont
permis d'imaginer (notre fig.22) la disposition en élévation de ce système de
colombages noyés de mortier. Le fait que la couche supérieure à celle qui
recelait les restes en bois soit datable dans la deuxième moitié du +1er siècle
fait supposer que ceux-ci sont plus anciens.

Vers la fin du
siècle, on construisit la première version des bains. (Fig.23) Il s'agit de
trois grandes pièces (2: caldarium, 3m,40 x 4,50m; 3: tepidarium , 3,30 x 4,50m;
frigidarium , 4,30 x 4,50m) disposées en enfilade, suivant la règle la plus
classique pour ce genre de bâtiment (qui couvre une surface totale d'à peu près
13,80 x 5,90 m); on entrait par le côté Est, le plus frais.
La niche
semi-circulaire de la salle chaude est, elle, exposée plein Sud pour recueillir
un maximum de chaleur. L'espace carré (1,80 x 1,80m) situé à l'Ouest,
partiellement taillé dans le rocher et entièrement revêtu de planches en chêne
épaisses de 6cm, semble avoir été un bassin de décantation destiné au filtrage
mécanique de l'eau amenée aux bains.
La chaufferie (1, au
Nord), stockait le bois et alimentait le chauffage (praefurnium) qui échauffait
l'air qui circulait ensuite sous les dalles du sol (dispositif dit
'hypocauste'). Ultérieurement, la salle froide fut précédée d'un vestibule
(apodyterium), puis les trois salles flanquées d'une longue construction au
Nord, enfin (période II E), toute la partie avant développée démesurément,
jusqu'à atteindre quelque 30m de largeur en façade. L'on doit à J.ZIMMER un
essai de reconstitution graphique de la façade Est (par laquelle le visiteur
abordait le bâtiment) que nous reproduisons en fig.24. Le bâtiment thermal
n'avait pas terminé sa carrière! Peu vant le milieu du 4e siècle, il fut
transformé (phase IV) en une vaste construction de 29 x 17m, précédée d'un hall
de 15 x 13m.
D'après J.METZLER, le bâtiment aurait alors servi de grenier à blé.
Parmi les objets
trouvés à l'occasion des fouilles, relevons deux inscriptions, dont l'une au
moins a une importance certaine, puisqu'elle représente l'une de nos dédicaces à
la DEA MATER DEVM, la 'Grande Mère' des dieux, Cybèle d'Asie Mineure. Julianus
lui dédia une inscription en même temps qu'à la DOMVS DIVINA, la maison
impériale; tout en faisant foi d'appartenir à ce culte oriental, Julianus
n'était pas trop au courant des pratiques théonymiques puisqu'il était superflu
d'appeler 'dea' la mère des dieux! Il nous livre donc un aperçu
(corroboré par de fréquents cas semblables) sur l'état de culture de l'époque:
on connaissait les dieux étrangers, on les honorait, on les nommait... sans trop
mesurer la portée exacte des mots que l'on demandait au lapicide d'utiliser.
L'inscription dont nous parlons est relativement mal faite, si bien qu'il ne
sera pas trop osé de l'attribuer au 3e siècle, peut être même au premier quart
du 4e.

L'autre inscription,
un peu plus soignée (et donc sans doute antérieure) a été faite par un
[Lito]genus (?) qui était mercator, marchand.

La statue d'un homme
nu, debout, flanqué d'un griffon et s'appuyant sur une sorte d'autel-encensoir
(autour duquel se love un serpent) peut représenter un Apollo Medicus.

De Mamer, WILTHEIM connaissait un fragment de statue
représentant une déesse (cf. fig.25) du type Fortuna , et deux scènes en
provenance d'une colonne à Juppiter , représentant deux danseuses, l'une jouant
des crotales, l'autre charmant (peut-être) un serpent; enfin un relief montrant
deux époux unis devant la mort, l'homme en manteau gaulois, tenant une bourse,
symbole de prospérité, la femme en toge, tenant un flacon, symbole de vie.
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